L'Artiste Willy Bâ
Willy Libéral Bâ : Peintre Graphiste
Né en 1958 à Paris, il commence à dessiner dés son plus jeune âge. Il entreprend des études de dessin industriel ponctuées par un bac technique en 1976.
En 1986, il quitte la France pour un voyage de 7 ans, durant lequel il s'initie à la calligraphie orientale.
De ce long voyage initiatique, il garde un goût immodéré pour cette discipline vécue comme un art de la lenteur, mais aussi un regard contemplatif ou perce sa recherche permanante de spiritualité méditative et d'élévation de l'âme.
Il y a dans l'oeuvre de Willy Bâ, un sujet qui s'impose d'emblée: la femme. Vue par lui, elle apparaît toujours mystérieuse dans son intimité, jamais livrée ou exhibée, c'est une femme toute en sensualité, transparence et légèreté. Et, ce motif érotique devient sous le trait du peintre, le point central d'un art cultivé de la composition. Par la souplesse de ses lignes, par ses formes libres et gracieuses, la silouhette féminine s'oppose aux graphismes statuaires des ornements qui l'encerclent et la valorisent. Elle stigmatise le mouvement en écho aux vibrations des signes calligraphiques.
Car c'est une autre constante qui fait sens dans l'oeuvre de Willy Bâ : on retrouve ces signes à la fois graphiques et symboliques dans toutes ces peintures. A l'image, par exemple, de sa signature, reconnaissable entre mille, qui représente un canard stylisé, symbole de fertilité chez les Peuls, tribu d'Afrique sub-saharienne qu'il a cotoyé durant 6 ans et de l'unité des cinq continents.
Cette recherche d'universalité se retrouve aussi dans les influences revendiquées :
la calligraphie d'extrême-Orient bien sûr, l'art ornemental islamique, les estampes japonaises ou la peinture européenne de la fin du XIXe siècle : on pensera aux créations allégoriques de Gustav Klimt et aux illustrations d'Aubrey Beardsley.
Willy Bâ vit son travail comme une méthode méditative. Ce qu'il recherche, c'est l'équilibre entre le geste et l'intellect. Quand il se lance dans une nouvelle composition, il trace, il saisit d'abord les lignes essentielles, les galbes dynamiques des corps. Le reste, l'ornemental, se construit ensuite patiemment dans une improvisation calculée.
Le calligraphe se révèle et organise les vides et les pleins, équilibre les masses, suscite

les contrastes, recherche les effets de vibration.
N'employant que des techniques à l'eau, encre de chine, encres pigmentées, acrylique, sur des papiers aquarelle ou contre-collé, il utilise pinceaux, plumes ou rapidographes comme des instruments de précision, mis au service d'une réflexion esthétique qui se construit peu à peu.
De même, quand il travaille les couleurs partant de teintes diluées, il passe, repasse, accumule les couches jusqu'à la saturation parfois, l'encre noire équilibrant les contrastes.
Sa technique de travail sur l'infiniment petit, née des enseignements d'un maître japonais de calligraphie et transportée au gré de ses voyages, est en vérité bien plus qu'un savoir faire maîtrisé, c'est un acte militant. En effet, en réaction à la violence des images actuelles, à l'instar d'un certain art contemporain qui draine des valeurs économiques de rapidité, d'efficacité, de rentabilité, la lenteur et l'application chez Willy Bâ, deviennent valeurs du travail artistique.
Lorsque l'on contemple les oeuvres de l'artiste, il faut garder à l'esprit que le peintre cherche à suggérer chez l'observateur l'accomplissement de son propre chemin.
Dans les mois qui viennent, fidèle à sa méthode, le parcours de Willy Bâ va de nouveau se confronter à de nouveaux espaces, de nouvelles influences. Avant d'admirer ce qu'il nous en rapportera, découvrez un échantillon représentatif de son oeuvre dans le cadre de 15 années de création.